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Actualités

Une belle histoire...

Une étudiante au parcours intéressant


- Pouvez-vous m’expliquer votre parcours en quelques mots ?

Depuis mon adolescence, le domaine horticole me passionne, et plus particulièrement les orchidées. C’est donc tout naturellement que j’ai décidé de faire mes études en horticulture. Je suis arrivée au Lycée Terre d’Horizon à Romans  il y a cinq ans pour entrer en baccalauréat professionnel productions horticoles en trois ans, et je suis aujourd’hui en 2nde année de BTSA (Brevet de Technicien Supérieur Agricole) dans la même spécialité.


- Qu’est-ce-qui vous a poussé à partir à l’étranger pour votre stage ?


Dès le début de mes études, j’ai eu en tête l’idée de voyager, de partir dans un autre pays pour un stage. L’occasion de partir 5 semaines en Colombie s’est présentée par le biais d’une amie colombienne professeur d’espagnol. Ce qui m’a tout de suite séduit dans ce projet, était le fait de partir véritablement à l’aventure. A 18 ans, seule, à 12 000 kilomètres de chez moi, dans un pays qui ne parle pas ma langue. Découvrir une culture différente de la mienne, une agriculture tout aussi différente. Me sachant par ailleurs très bien entourée, autant par mes proches que par l’administration de mon lycée, je me suis confortée dans mon choix.


-  Comment avez-vous préparé votre départ ?

Programmer un stage à des milliers de kilomètres de chez soi n’est pas simple, et il faut s’armer de toute la motivation dont on est capable, parce que cela en vaut la peine.
A partir du moment où j’ai accepté ce stage, vers la mi-Janvier 2013, tout s’est enchaîné très vite. J’ai appris intensivement l’espagnol pendant les 5 mois qui ont précédé mon départ. Ainsi tous les soirs, mon amie colombienne me faisait cours pendant une, deux, voire trois heures.
J’ai exposé mon projet à mon directeur adjoint, M. Romain BERTRAND et à ma directrice Mme Gilberte DELAILLE, qui ont tout de suite approuvé et m’ont soutenue jusqu’à l’aboutissement de ce voyage.
Il a fallu monter les dossiers de bourse auprès de la DGER et Explo’ra. Là aussi j’ai été très bien épaulée par l’administration de mon lycée, notamment par M. Patrick LEFRANCOIS, qui m’a fourni les papiers, expliqué comment les remplir et effectuer un budget prévisionnel de mon stage. Puis éditer une convention entre mon établissement et mon entreprise d’accueil.
J’ai reçu aussi une aide financière du ROTARY Club dans le cadre du prix de l’enseignement professionnel pour lequel j’ai été lauréate.

Pour le billet d'avion, j'ai commencé à me renseigner sur les compagnies aériennes et comparer les prix pratiqués sur internet dès le mois de janvier. Pour plus de sécurité, je me suis ensuite tournée vers une agence de voyage, où j'ai été conseillée, et orientée vers la compagnie Air France.


Pour ce qui est du logement, je me suis tournée vers mon maître de stage, qui a pu se renseigner de son côté afin de me trouver un endroit où loger (son entreprise n'ayant pas de structures adaptées pour l'accueil des stagiaires).





- Comment s'est déroulé le stage (dates, logement, activités, ...) ?

J'ai quitté la France à destination de Bogotá le samedi 22 juin à 10h45, depuis l'aéroport de Roissy-Charles de Gaule, absolument pas inquiète. Je savais qu'après les 18 000 km parcourus en 12h d'avion, quelqu'un m'attendait là bas.
Arrivée à Bogotá, 14h, heure locale, sept heures de décalage horaire avec la France. J'ai passé le week-end chez Orlando et sa famille (Esperanza sa femme, Sebastian et Alejandra, deux de leurs trois enfants) qui m'ont accueillie a bras ouverts, comme si je faisais déjà partie de la famille.

Le dimanche soir, Orlando m'a menée à l'exploitation, située à Namay, en pleine campagne, à deux heures en bus, de la capitale. Juste au dessus habitent ses trois cousines Pancha, Amparo et Amanda. Je suis arrivée chez elles un peu curieuse et désorientée Il y avait une vingtaine de personnes présentes. Tout le monde riait, tricotait, regardait la télé. C'est dans cette ambiance toujours joyeuse et légère que j'ai vécu chaque soir où je rentrais à "la maison" après une journée de travail dans les caféiers.
Les journées de travail démarraient à 6h00 du matin par un petit déjeuner copieux : un tinto (café) et un jus de fruit pour se réveiller. Une omelette, un fruit frais, une brioche, le tout accompagné d'un café au lait.
A huit heures, le travail commence. Isidro, le chef de culture, me donne mes directives, qui varient selon les jours : Comptage d'une parcelle, où je devais inscrire le nombre de plants de café, de bananiers plantains et d'arbres ; taille des caféiers, où il fallait éliminer toutes les branches qui avaient déjà donné (et qui ne donneront plus une fois la récolte passée) ; récolte des grains, où il faut différencier trois qualités de grains (vert, jaune et rouge). Les grains rouges sont ceux qui possèdent le plus d’arômes.

Lorsque je n’étais pas dans les champs de café, je restais à Bogota  pour travailler au laboratoire des “Especialistas del café”. Ce laboratoire, un atelier en définitive, est géré par Mamilena, Irma Milena Mayorga de son vrai patronyme. C’est Zoraida Salcedo, une des employées, qui m’a appris comment mailler (passer au tamis), trier et sélectionner les grains de café encore verts, afin de le torréfier dans une petite machine à torréfier. Une fois grillé, ce café est moulu puis mis en paquet. J'ai également travaillé par informatique, sur un fichier contenant toutes les analyses gustatives des différents cafés provenant de l'exploitation de mon maître de stage, mais également d'autres exploitants amis avec Orlando.



Pendant mon temps libre, je partais vadrouiller en compagnie des deux bergers allemands de la ferme, à la découvertes des terres, dénicher les orchidées cachées dans les arbres, respirer l'air pur en haut des collines. Ne possédant pas (à ma plus grande joie) internet à la campagne, le soir j'aidais ma nouvelle famille à rouler les fils de laine pour fabriquer des "mochilas" - sac-besaces typiques-  ou les "collares" (sortes d'écharpes que l'on enfile comme une chaussette autour du cou).
A la capitale, c'était plutôt touristique : Découverte du Jardin botanique, du Musée de L'Or, des boutiques typiques. Que ce soit avec Orlando et sa (ma) famille, ou avec mes amis colombiens, je n'étais jamais seule et chaque soirée était bien remplie.
Ainsi, lorsque le lundi 28 juillet 2013, quatorze heures, horaire toujours local, mes parents de cœur m'ont déposé a l'aéroport de Bogota, et que je me suis dirigée, seule, vers les bureaux de la douane pour les contrôles et enregistrement des bagages, c’a été un moment très émouvant.
Mon retour en France s'est parfaitement bien passé. Je n'ai presque pas ressenti les effets du décalage horaire, et après une semaine de récupération, j'ai entamé mon travail saisonnier jusqu'au 31 Août, puis repris les cours en septembre.


- Qu'est-ce-que ce stage à l'étranger vous a-t-il apporté ?

L'envie de repartir... Ailleurs, dans d'autres pays. Continuer à découvrir d'autres cultures, d'autres modes de vie et de travail, en immersion. Ce stage a été très important pour moi de par cette immersion justement. Voyager pour ne voir que la face touristique d'un pays n'a aucun attrait à mes yeux. Pour découvrir tous les trésors que recèle un pays étranger, il faut aussi passer par les coins éloignés, un peu moins rutilants et dorés.

Si ce stage m'a apporté beaucoup en termes d'enrichissement professionnel par l'apprentissage d'une culture, d'une langue, il m'a aussi, et surtout, beaucoup apporté au niveau personnel. Lorsque j'ai quitté Orlando et Esperanza à l'aéroport, ils mont dit "Sache que tu fais désormais partie de la famille Fierro. Hier soir, nous avons retrouvé notre fille rentrée d'Equateur, mais aujourd'hui, nous en perdons une autre en contrepartie.". Et entendre ces mots là de gens qui n'ont passé finalement "que" cinq semaines avec vous, vaut tous les trésors du monde entier...

Par cette aventure que j'ai vécue, je crois également avoir transmis, avec bonheur, mon désir de découverte à d'autres amoureux et amoureuses de grands espaces, comme Lauriane*, qui prépare actuellement son voyage au Tibet.

*Lauriane MOYON est en BTS Productions horticoles à terre d’Horizon et prépare un stage avec Frères du monde